Accoucher sans anésthésie ?

Mes semaines sont maintenant rythmées par les cours de préparation à l’accouchement et ce jusqu’à la fin du mois. Ils sont donnés au sein de l’hôpital par une sage-femme libérale. Elle ne prend que des groupes de 3 couples. A chaque séance, nous sommes donc toujours avec les mêmes personnes. C’est agréable d’être en petit comité. Je trouve que c’est plus facile d’échanger et de poser ses questions. Les papas ne sont pas toujours présents car les sessions ont lieu l’après-midi. Ça ne me pose pas de problème que mon homme ne soit pas là car, à la maison, nous regardons les dvd de Chantal Birman (sage-femme qui passe souvent aux Maternelles pour celles qui ne la connaissent pas).  J’aime beaucoup cette femme, très humaine et avec un regard à mon avis très juste sur la maternité et la parentalité. Du coup, il a un aperçu de ce que j’apprends en cours et je lui raconte le déroulement des cours, si je note des écarts de discours…

Mon compagnon a pu se libérer pour la séance de visite de la maternité. Nous nous sommes familiarisés avec les lieux; la sage-femme nous a expliqué comment se déroule l’accueil des futurs parents, la consultation, les salles de pré-travail avant de passer en salle de naissance. Nous avons aussi visité la pièce où les nouveaux-nés sont examinés et/ou réanimés si besoin. Pour finir, nous sommes allés à l’étage des chambres de la maternité. Celle-ci ayant été refaite il y a deux ans, la majorité des chambres sont individuelles, avec salle de bain (ce qui n’était pas le cas avant!). Il y a une salle à manger où les plateaux-repas sont gardés au chaud si la maman n’était pas disponible au moment de la distribution en chambre.

Bref, cette visite des lieux nous a fait une bonne impression. Le fait de connaître l’endroit, les protocoles avant le jour J me rassure un peu aussi. Au moins, on a une petite idée de ce qui nous attend, même si j’ai bien conscience que l’accouchement peut être plein de surprises.

En parallèle, nous poursuivons nos séances d’haptonomie. La dernière avait pour but de nous aider à nous approprier des lieux nouveaux (la maternité par exemple) pour être dans de bonnes conditions pour gérer les douleurs du travail. C’est assez difficile à expliquer mais en gros, l’idée est que, plutôt que de s’enfermer dans sa douleur, se centrer sur soi, il vaut mieux s’ouvrir et s’approprier les lieux et les personnes qui nous entoureront le jour J. De cette façon, on se sécurise, on appréhende mieux les événements et il est plus facile de gérer les vagues de douleur des contractions. Nous avons eu droit chacun à une nouvelle démonstration de Claire avec pincement de l’intérieur de la cuisse à la clé. Je reste bluffée par la différence des sensations entre l’avant et l’après mise en conditions. Avant, la douleur est insupportable et j’ai le réflexe de vouloir retirer ma jambe. Après, je sens que Claire me pince mais la douleur a quasi disparu.

J’espère réussir à me sécuriser de la sorte le jour J de façon à gérer les contractions le plus longtemps possible sans péridurale. Je ne suis pas catégorique dans l’idée d’accoucher sans anesthésie mais j’ai envie de voir jusqu’où je peux tenir. Lorsque j’en parle autours de moi, notamment avec des ami(e)s, j’ai droit aux discours suivants :

  • celles qui ont déjà accouché : tu verras le jour J, tu seras contente de pouvoir appeler l’anesthésiste. Moi, je n’ai pas hésité, ça faisait trop mal.
  • les hommes : si j’étais une femme, je la prendrai sans hésitation. Pourquoi souffrir quand on peut faire autrement ? (un peu chochottes les gars ?)
  • un ami infirmier dont la compagne est infirmière anesthésiste : pour elle, aucune hésitation, il faut prendre la péridurale pour ne pas souffrir, en plus, c’est plus sécurisant en cas de problème. (pourquoi penser aux problèmes systématiquement ?)

Je n’ai pas eu envie de leur expliquer mes raisons, je me suis dit qu’ils ne comprendraient pas.

J’ai besoin de me réconcilier avec mon corps, avec les contractions. Lorsque j’ai dû prendre du Cyt*tec pour ma dernière fausse-couche, les contractions ont commencé environ deux heures après la prise des comprimés. Ces contractions ont été très intenses, très douloureuses et quasi non-stop pendant deux heures et demi. Je me tordais de douleur, je sentais les « débris » de cette grossesse arrêtée s’évacuer, il n’y avait pas de répits. J’ai fini aux urgences car je faisais une hémorragie.

A l’heure actuelle, dans ma tête, contractions = mort. C’est un peu violent mais j’ai l’impression que c’est ce qui m’est resté de cette expérience. J’ai donc besoin de vivre l’accouchement, vivre ses douleurs mais dans un autre état d’esprit. L’issue attendue sera notre petite fille, pleine de vie, ça va sans dire ! J’espère qu’après ça, je pourrai mettre définitivement derrière moi le traumatisme de cette FC.

Maintenant, je suis plutôt douillette et je suis très sensible. J’ai fait des malaises à la pose et au retrait d’un implant contraceptif dans le bras, à la pose d’un stérilet… Du coup, je ne me ferme pas la porte de la péridurale, loin de là. Je veux juste avoir la possibilité de la demander un peu plus tard que d’autres peut-être. Mon homme comprend ma démarche même si je sais qu’il redoute de me voir souffrir.

Je me dis que j’aviserai en fonction de la douleur et de mon état d’esprit le jour de l’accouchement.

Troisième et dernière écho

Lundi avait lieu la troisième et dernière écho officielle. Comme il y avait une stagiaire avec l’échographe, c’est celle qui a duré le plus longtemps. Le problème est qu’à ce stade, bébé n’a plus trop de place et est en boule dans le ventre. Du coup, on distingue moins bien les formes. Sinon, tout va à priori bien pour le petit bout. Après de longues minutes, car bébé ne voulait pas écarter les cuisses, on a eu confirmation que c’est bien une fille (réflexion du futur papa en sortant « C’est bien, qu’elle continue comme ça longtemps 😉 ). Elle est estimée à 1kg800 ce qui est dans la norme. Le seul point notable est que le diamètre bipariétal est en haut de la courbe (> à 95 percentile). Le médecin nous a rassuré tout de suite en nous expliquant que la mesure était faussée car bébé regardait vers le haut donc, elle n’a pas une si grosse tête que ça.

Sachant qu’en début d’examen, le médecin m’avait expliqué que les tissus graisseux bloquent les ultrasons, elle avait donc du mal à voir certains éléments, notamment à l’intérieur du cerveau, j’ai commencé à stresser. Et s’il y avait un problème de développement qu’on ne peut pas déceler à cause de mon surpoids ? Peut-être qu’elle a vraiment un grosse tête à cause d’un soucis ?

Je crois que la nuit de lundi à mardi a été la pire de ma grossesse. Impossible de trouver le sommeil, je cogitais pas mal : j’aurai dû perdre plus de poids avant de retomber enceinte, si quelque chose ne va pas ce sera de ma faute, est-ce que tout va bien pour la petite…
A ça s’ajoutent le retour de fortes remontées acides, des douleurs dans le bas du dos, les réveils nocturnes toutes les 2 ou 3 heures pour faire pipi et les insomnies où je ne me rendors pas avant le petit matin. Bref, petite forme physique et moral en berne le lendemain.

J’ai expliqué tout ça à mon homme hier soir, j’ai sorti toutes mes craintes et pleuré un bon coup. Ça va mieux depuis. Cette nuit a été meilleure, ça aide. Je me rassure un peu aussi en me disant que je n’ai pas trop pris de poids : 7kg900 jusque-là. Le poids, ce vieux démon sera mon cheval de bataille après la naissance.

Pour me concentrer sur le positif, cela fait plusieurs jours que je trie, lave et range des vêtements de bébé prêtés par des amies. J’essaie de me concentrer sur son arrivée, sur le moment où je pourrai enfin la tenir dans mes bras. L’haptonomie m’aide beaucoup aussi. En journée, je me fais des petites séances « câlins » avec bébé. J’adore quand elle vient se blottir dans mes mains, je la caresse, lui dit que je l’aime et que j’ai hâte de la rencontrer. Le soir, lors des séances avec son papa, nous lui chantons des berceuses ou des comptines. Elle réagit beaucoup à la voix de mon homme.

Comme je suis arrêtée depuis le 4ème mois de grossesse, j’ai l’impression d’être très en avance par rapport aux autres futures mamans. Je ne suis qu’au début du 8ème mois, la chambre est déjà prête, la poussette est achetée, les housses du cosi et de la nacelle sont lavées, je commence à préparer les affaires pour la maternité… J’ai un côté de ma personnalité qui a tendance à vouloir tout contrôler, à être prête à toute éventualité mais je pense que j’ai surtout beaucoup de temps à tuer !
Les cours de préparation à l’accouchement ne devraient plus tarder à commencer. J’attends que la sage-femme me rappelle pour me donner le planning.

En attendant, je me suis lancée dans la confection de cœurs en origami. Il faut bien que j’utilise le papier qui me reste ;-). Je pense que je les accrocherai directement sur le mur au dessus du berceau pour faire une espèce d’envolée.

PS : tous mes doigts sont croisés pour vous pour les essais en cours ou à venir