Dans ma bulle (Accouchement)

Voilà une semaine que j’ai coupé la télévision, les infos, les réseaux sociaux et le net en général. J’essaie de préserver ma bulle, loin des horreurs du monde.

Cette bulle d’amour et de douceur, je la maintiens car, jeudi dernier, est née notre petite fille et je ne pouvais pas laisser l’actualité gâcher ce moment.

Notre fille se sera faite attendre jusqu’au dernier moment. Nous avions rendez-vous jeudi matin à 10h00 pour le déclenchement. Environ une heure après la pose de la prostaglandine, les premières contractions se sont faites sentir. Au début supportables, elles se sont intensifiées petit à petit. Moi qui avait peur que le déclenchement ne fonctionne pas, j’étais rassurée.

La procédure prévoit un monitoring de deux heures pour surveiller comment réagi bébé. Au bout des deux heures, la sage-femme est venue nous annoncer qu’elle prolongeait le monitoring de 30 minutes car elle trouvait que le rythme cardiaque du bébé ralentissait sous l’effet des contractions, ce qui lui paraissait un peu tôt vu que mon col n’était ouvert qu’à 2 doigts. Elle m’a donc fait changer de position et nous sommes repartis pour 30 minutes de surveillance. Forcément, nous nous sommes concentrés sur les chiffres du monitoring et avons vite compris que la journée risquait de ne pas se passer exactement comme prévu.

Lorsque la sage-femme est revenue, elle nous a expliqué qu’elle allait prendre l’avis de la gynécologue de garde pour les suites à donner mais que l’ombre de la césarienne planait. De mon côté, je ne voulais qu’une chose, que ma fille aille bien donc accouchement par voie basse ou césarienne, peu m’importait.

La gynéco a décidé d’accélérer les choses. Je suis passée en salle de travail pour pose de la péridurale, perçage de la poche des eaux et perfusion d’ocytocine. Une heure après que la poche des eaux ait été percée, mon col était passé à 4/5 cm. Le problème est que dans l’heure qui a suivi, il ne s’est pas modifié. Le cœur de bébé continuait d’avoir de forts ralentissements. La gynécologue a donc décidé de lancer une césarienne en urgence pour ne prendre aucun risque. Mon compagnon n’a pas pu y assister. En moins de deux minutes, l’anesthésiste était de retour pour me réinjecter une dose dans la péridurale et j’ai été emmenée au bloc.

Bizarrement, je n’étais pas trop stressée. Je savais que les médecins prenaient les meilleures décisions pour ma fille, que bientôt elle allait enfin naître. J’ai essayé de la préparer à ce qui allait se passer, comme me l’avait conseillé l’haptothérapeute. Mon bébé, réveille-toi, le médecin va venir te chercher, tu va bientôt sortir de mon ventre et on va pouvoir se rencontrer.

L’anesthésiste (vraiment génial depuis le début au passage) m’expliquait à l’oreille ce qui allait se passer, à quelle étape en était la césarienne.

Je dois dire que j’ai été surprise de l’intensité de l’opération. Certes, avec la péridurale, on ne sent pas la douleur mais j’ai bien senti tout ce qui se passait et ce n’était pas du tout agréable. J’avais l’impression qu’on me fouillait les entrailles (je crois que ce n’était pas qu’une impression) et j’avais hâte que ce soit fini.

J’écoutais les échanges entre la gynécologue et son interne, je guettais, l’oreille attentive.

Il a enfin retenti, le premier cri de mon bébé. Je ne pouvais pas encore la voir mais j’ai été submergée d’émotions, les larmes ont coulé immédiatement. Il est 18h10 ce 12 novembre et je suis maman.

(pour les inconditionnelles des données chiffrées : 3kg420 et 52 cm)

La sage-femme est venue me présenter ma fille et ma première réaction a été la surprise. Je m’attendais à une petite brune (comme son papa) et c’est une magnifique blondinette aux yeux bleus qui a plongé son regard dans le mien. Juste le temps d’effleurer sa joue et de lui faire un bisou et la sage-femme est sorti pour la sécher avant de me la ramener deux minutes. Elle s’est arrêté de pleurer dès que je lui ai parlé. Je lui ai expliqué que son papa allait prendre soin d’elle en attendant que je sorte du bloc.

Après la fin de la césarienne, j’ai été surveillée en salle de réveil pendant deux heures. J’avais une irrépressible envie de dormir. Juste avant de me descendre en chambre, une dose de morphine m’a été donné pour compenser l’arrêt de la péridurale.

J’étais déçue de ne pas trouver mon homme et ma fille dans la chambre en arrivant. Le brancardier m’a assuré qu’ils n’allaient pas tarder, ce qui fût le cas. J’ai retrouvé mon homme dans un état d’euphorie. Je pouvais lire le bonheur et la fierté sur son visage de jeune papa. La petite dormait profondément, probablement épuisée par tous les événements.

Cela fait maintenant une semaine que ce petit être partage notre vie. Nous sommes rentrés à la maison depuis 3 jours et prenons petit à petit nos marques, tous les trois. Mon homme a gardé ses congés pour rester 1 mois à la maison avec nous, je mesure ma chance.

Au fil des jours qui passent, je me sens de mieux en mieux, notamment vis à vis de l’allaitement. Nous nous relayons auprès de la petite pour essayer d’avoir chacun un nombre d’heures de sommeil acceptable (ce n’est pas toujours évident mais je sens qu’on s’améliore).

Je ne me lasse pas d’admirer son visage, de respirer son odeur, de m’émerveiller devant ses sourires aux anges.

Il y a encore un an, je n’aurai jamais pu imaginer recevoir un si beau cadeau. Aujourd’hui, je n’imagine pas la vie sans elle.

 

 

 

 

Les jolies choses se font avec beaucoup d’amour et de patience… surtout de patience [grossesse]

Depuis le jour du terme, nous enchaînons les rendez-vous de suivi à la maternité toutes les 48 heures. Le ménage, la marche, faire les vitres, faire du ballon ne changent. Bébé n’est pas décidée à venir au monde. Cette semaine met à l’épreuve notre patience.

Dimanche, mon col n’avait pas évolué, c’est limite si les contractions n’avaient pas disparu durant le weekend. Cette attente et la stagnation jouaient sur mon moral. Heureusement, hier, la sage-femme nous a annoncé un col ouvert à 2 doigts. Le travail n’a pas commencé mais au moins, il y a une petite évolution. Il faut dire que j’avais pas mal contracté la veille. Nous sommes repartis de la maternité avec un rendez-vous pour un déclenchement jeudi.

Dernières 48 heures pour un déclenchement naturel. Je n’y crois pas trop étant donné que mes contractions ne sont ni plus intenses, ni plus fréquentes.

Cette fin de grossesse fait ressurgir quelques angoisses également. Les risques du dépassement de terme sont liés au placenta. Celui-ci a en quelque sorte une date de péremption et les échanges mère-enfant peuvent se détériorer: manque d’oxygène, de liquide amniotique, souffrance fœtale… d’où la surveillance tous les deux jours. A chaque rendez-vous, la sage-femme pose une série de questions pour s’assurer que tout va bien, la principale étant « Est-ce que bébé bouge bien ? ». Le truc, c’est que mon bébé bouge beaucoup moins qu’avant, en tout cas, pas assez à mon goût. C’est peut-être dû aux contractions, au manque de place, dans tout les cas, ça m’inquiète et j’ai parfois cette peur de perdre le bébé si près du but. Du coup, je l’asticote beaucoup, je caresse mon ventre, je lui parle beaucoup jusqu’à ce qu’elle bouge et me rassure.

Quoiqu’il arrive, on sait que demain, nous resterons à la maternité. Le moment où je vais enfin pouvoir tenir mon petit bout dans les bras se rapproche enfin.

J’espère que le déclenchement sera efficace. Lorsque j’ai demandé à la sage-femme comment ça allait se passer, elle m’a expliqué que ça dépend de l’état du col. Généralement, un tampon de prostaglandines est inséré au niveau du col. Il faut ensuite attendre pour voir si cela déclenche des contractions et l’ouverture de celui-ci. Si ça ne fonctionne pas, l’opération est répétée au bout de 24 heures. Si rien ne bouge au bout de 24 heures à nouveau, le gynéco décidera de la suite à donner.

Pour reprendre la phrase d’un cadre qui a du succès sur la blogo :

Les jolies choses se font avec beaucoup d'amour et de patience

… surtout de patience 😉

Jour J [grossesse]

Aujourd’hui c’est le jour J, la date théorique du terme de ma grossesse et … rien de rien !

Il y a bien la dizaine de contractions quotidiennes mais rien de plus intense que ces dernières semaines. Ce matin, j’ai eu des pertes légèrement rosées, serait-ce le fameux bouchon muqueux ?

Nous avions rendez-vous à 09h00 à la maternité pour le premier examen de contrôle pour les grossesses dépassant le terme. Nous avons emmené les sacs/valises pour le séjour, « au cas où ».

Le monitoring, l’échographie et l’examen de mon col (toujours long et ouvert à 1 doigt depuis la semaine dernière) sont normaux. Comme dirait la sage-femme : « Votre bébé est trop bien là-dedans pour sortir ! »

Nous sommes donc rentrés sagement chez nous avec un nouveau rendez-vous de contrôle dans 48h.

Je suis à la fois impatiente et philosophe. Entre le discours de la sage-femme lors des cours de préparation à l’accouchement et l’expérience de Margou, je m’étais préparée à l’éventualité d’une naissance après terme. Pour autant, les derniers jours semblent très, très longs !

Tout est prêt pour accueillir ce petit bout. Mon homme et moi sommes impatients d’enfin la rencontrer mais nous ne sommes pas les seuls. Depuis deux semaines, je reçois régulièrement des appels, messages, mails des amis, de la famille et des collègues qui attendent des nouvelles. Même en essayant de rester philosophe face à la situation, ce n’est pas évident de ne pas tomber dans l’impatience quand on te demande constamment « Ben alors, t’as toujours pas accouché ? » Euh, comment dire… ben si ça fait 15 jours mais on a décidé de garder ça secret !!!

Je ne me plains pas, le moral est bon, la petite va très bien et finira bien par sortir. Au pire, il y aura déclenchement jeudi prochain.

En attendant, voici comment mes proches me voient en cette fin de grossesse (on me dit que j’ai bonne mine, l’air en pleine forme…) :

dessin-grossesse

Et voici comment je me sens 😉 :

baleinearayures09Il faut sortir bébé, ta maman a hâte de te tenir dans ses bras !