Les jolies choses se font avec beaucoup d’amour et de patience… surtout de patience [grossesse]

Depuis le jour du terme, nous enchaînons les rendez-vous de suivi à la maternité toutes les 48 heures. Le ménage, la marche, faire les vitres, faire du ballon ne changent. Bébé n’est pas décidée à venir au monde. Cette semaine met à l’épreuve notre patience.

Dimanche, mon col n’avait pas évolué, c’est limite si les contractions n’avaient pas disparu durant le weekend. Cette attente et la stagnation jouaient sur mon moral. Heureusement, hier, la sage-femme nous a annoncé un col ouvert à 2 doigts. Le travail n’a pas commencé mais au moins, il y a une petite évolution. Il faut dire que j’avais pas mal contracté la veille. Nous sommes repartis de la maternité avec un rendez-vous pour un déclenchement jeudi.

Dernières 48 heures pour un déclenchement naturel. Je n’y crois pas trop étant donné que mes contractions ne sont ni plus intenses, ni plus fréquentes.

Cette fin de grossesse fait ressurgir quelques angoisses également. Les risques du dépassement de terme sont liés au placenta. Celui-ci a en quelque sorte une date de péremption et les échanges mère-enfant peuvent se détériorer: manque d’oxygène, de liquide amniotique, souffrance fœtale… d’où la surveillance tous les deux jours. A chaque rendez-vous, la sage-femme pose une série de questions pour s’assurer que tout va bien, la principale étant « Est-ce que bébé bouge bien ? ». Le truc, c’est que mon bébé bouge beaucoup moins qu’avant, en tout cas, pas assez à mon goût. C’est peut-être dû aux contractions, au manque de place, dans tout les cas, ça m’inquiète et j’ai parfois cette peur de perdre le bébé si près du but. Du coup, je l’asticote beaucoup, je caresse mon ventre, je lui parle beaucoup jusqu’à ce qu’elle bouge et me rassure.

Quoiqu’il arrive, on sait que demain, nous resterons à la maternité. Le moment où je vais enfin pouvoir tenir mon petit bout dans les bras se rapproche enfin.

J’espère que le déclenchement sera efficace. Lorsque j’ai demandé à la sage-femme comment ça allait se passer, elle m’a expliqué que ça dépend de l’état du col. Généralement, un tampon de prostaglandines est inséré au niveau du col. Il faut ensuite attendre pour voir si cela déclenche des contractions et l’ouverture de celui-ci. Si ça ne fonctionne pas, l’opération est répétée au bout de 24 heures. Si rien ne bouge au bout de 24 heures à nouveau, le gynéco décidera de la suite à donner.

Pour reprendre la phrase d’un cadre qui a du succès sur la blogo :

Les jolies choses se font avec beaucoup d'amour et de patience

… surtout de patience 😉

Jour J [grossesse]

Aujourd’hui c’est le jour J, la date théorique du terme de ma grossesse et … rien de rien !

Il y a bien la dizaine de contractions quotidiennes mais rien de plus intense que ces dernières semaines. Ce matin, j’ai eu des pertes légèrement rosées, serait-ce le fameux bouchon muqueux ?

Nous avions rendez-vous à 09h00 à la maternité pour le premier examen de contrôle pour les grossesses dépassant le terme. Nous avons emmené les sacs/valises pour le séjour, « au cas où ».

Le monitoring, l’échographie et l’examen de mon col (toujours long et ouvert à 1 doigt depuis la semaine dernière) sont normaux. Comme dirait la sage-femme : « Votre bébé est trop bien là-dedans pour sortir ! »

Nous sommes donc rentrés sagement chez nous avec un nouveau rendez-vous de contrôle dans 48h.

Je suis à la fois impatiente et philosophe. Entre le discours de la sage-femme lors des cours de préparation à l’accouchement et l’expérience de Margou, je m’étais préparée à l’éventualité d’une naissance après terme. Pour autant, les derniers jours semblent très, très longs !

Tout est prêt pour accueillir ce petit bout. Mon homme et moi sommes impatients d’enfin la rencontrer mais nous ne sommes pas les seuls. Depuis deux semaines, je reçois régulièrement des appels, messages, mails des amis, de la famille et des collègues qui attendent des nouvelles. Même en essayant de rester philosophe face à la situation, ce n’est pas évident de ne pas tomber dans l’impatience quand on te demande constamment « Ben alors, t’as toujours pas accouché ? » Euh, comment dire… ben si ça fait 15 jours mais on a décidé de garder ça secret !!!

Je ne me plains pas, le moral est bon, la petite va très bien et finira bien par sortir. Au pire, il y aura déclenchement jeudi prochain.

En attendant, voici comment mes proches me voient en cette fin de grossesse (on me dit que j’ai bonne mine, l’air en pleine forme…) :

dessin-grossesse

Et voici comment je me sens 😉 :

baleinearayures09Il faut sortir bébé, ta maman a hâte de te tenir dans ses bras !

Ces quelques mots sont pour toi mon bébé [Grossesse]

Lors de notre dernière séance d’haptonomie, Claire m’a conseillé d’évoquer avec toi cette grossesse, de se réjouir de cette aventure qui s’est finalement très bien passée avant d’arriver à la prochaine grande étape, l’accouchement.

Alors voilà, ces quelques mots sont pour toi mon bébé.

Les débuts n’ont pas été simples pour ton papa et moi. Nous n’arrivions pas à nous projeter dans cette grossesse, ayant beaucoup souffert auparavant. Des saignements au début de la grossesse et le discours du médecin lors du premier passage aux urgences nous laissaient peu d’espoir. Il n’y avait rien d’autre à faire qu’attendre.

Au fil des jours, puis des semaines, tu nous a montré que tu étais bien là, que tu continuais de grandir au creux de mon ventre. L’inquiétude était toujours présente mais on a fini par franchir le seuil du premier trimestre, la première grosse étape.

Te voir sur cet écran d’échographie, si petite et pourtant déjà si bien formée, admirer ton profil, te voir agiter les bras et les jambes, entendre les battements de ton cœur a été libérateur pour tes parents. C’est comme si un énorme poids avait été enlevé de nos poitrines, on pouvait enfin respirer.

Malgré tout, ta maman continuait d’avoir quelques angoisses. Je t’aimais déjà tellement que j’étais terrifiée à l’idée de te perdre. Il m’a fallu patienter encore quelques semaines avant que tu ne trouves un nouveau moyen de me rassurer : j’ai fini par te sentir bouger en moi, la seconde grosse étape.

C’était très discret au début, j’avais la sensation de petites bulles qui éclatent dans le ventre. C’est à cette période que nous avons débuté l’haptonomie. Nous avions tellement occulté le début de la grossesse, le début de ta vie, que nous voulions aller à ta rencontre très tôt, te faire sentir que nous étions là pour toi.

T’inviter par un appel de nos mains sur mon ventre, patienter et te sentir quand tu viens t’y blottir sont vraiment des moments magiques. Parfois, tu te fais plus discrète et nous sentons juste un petit appui sous notre paume; à d’autres moments, tu es très vive et les coups et les vagues se succèdent sous ma peau. Tu es le rappel constant d’une force de vie incroyable. Dans ces moments-là, il m’est arrivé d’être prise d’une vague d’émotions intenses, d’avoir les larmes aux yeux. Rassure-toi, c’était des larmes de joie et de bonheur.

Tu réagis également à nos voix, la mienne évidemment mais surtout celle de ton père. Depuis quelques temps, il te chante des comptines lors de nos séances d’haptonomie. Nous te les chanterons après ta naissance, lorsque tu auras besoin d’être rassurée.

Mon ventre s’est arrondi au fil des mois, comme un symbole de la place grandissante que tu occupes dans notre vie. En parallèle, nous avons préparé le « nid » pour t’accueillir. Ta chambre est prête depuis quelques temps déjà, les tous derniers achats ont été faits. Voir cette pièce aménagée rien que pour toi concrétise un peu plus les choses. La grossesse n’est qu’un état temporaire, maintenant, nous n’attendons plus que toi.

J’ai hâte de te rencontrer, te voir, te sentir, te toucher. Théoriquement, je pourrai te tenir dans mes bras dans un peu moins de vingt jours. En attendant, je profite des derniers instants de notre symbiose. Il m’arrive d’être réveillée au beau milieu de la nuit, les mains sur mon ventre et un sourire aux lèvres, simplement parce que tu es là. Je me demande souvent comment tu vis les choses, ce que tu ressens. Cela restera ton petit jardin secret.

Nous allons bientôt vivre la dernière grosse étape de cette grossesse, ta naissance. Je ne te cache pas que j’ai peur de la douleur. Comment vais-je la supporter ? Comment l’accouchement va-t-il se passer ? Cet événement soulève beaucoup de questions auxquelles je n’ai pas forcément de réponses. J’essaie de ne pas trop m’inquiéter, je me suis préparée, j’ai beaucoup lu, échangé avec des mamans. Nous aviserons le jour J. Dans tout les cas, ton papa et moi ferons de notre mieux pour t’accompagner vers cette nouvelle vie, hors de mon ventre. Ce sera un gros bouleversement pour toi aussi. Tu auras tellement de choses à découvrir… une nouvelle aventure va commencer.

Je t’aime mon bébé.

Accoucher sans anésthésie ?

Mes semaines sont maintenant rythmées par les cours de préparation à l’accouchement et ce jusqu’à la fin du mois. Ils sont donnés au sein de l’hôpital par une sage-femme libérale. Elle ne prend que des groupes de 3 couples. A chaque séance, nous sommes donc toujours avec les mêmes personnes. C’est agréable d’être en petit comité. Je trouve que c’est plus facile d’échanger et de poser ses questions. Les papas ne sont pas toujours présents car les sessions ont lieu l’après-midi. Ça ne me pose pas de problème que mon homme ne soit pas là car, à la maison, nous regardons les dvd de Chantal Birman (sage-femme qui passe souvent aux Maternelles pour celles qui ne la connaissent pas).  J’aime beaucoup cette femme, très humaine et avec un regard à mon avis très juste sur la maternité et la parentalité. Du coup, il a un aperçu de ce que j’apprends en cours et je lui raconte le déroulement des cours, si je note des écarts de discours…

Mon compagnon a pu se libérer pour la séance de visite de la maternité. Nous nous sommes familiarisés avec les lieux; la sage-femme nous a expliqué comment se déroule l’accueil des futurs parents, la consultation, les salles de pré-travail avant de passer en salle de naissance. Nous avons aussi visité la pièce où les nouveaux-nés sont examinés et/ou réanimés si besoin. Pour finir, nous sommes allés à l’étage des chambres de la maternité. Celle-ci ayant été refaite il y a deux ans, la majorité des chambres sont individuelles, avec salle de bain (ce qui n’était pas le cas avant!). Il y a une salle à manger où les plateaux-repas sont gardés au chaud si la maman n’était pas disponible au moment de la distribution en chambre.

Bref, cette visite des lieux nous a fait une bonne impression. Le fait de connaître l’endroit, les protocoles avant le jour J me rassure un peu aussi. Au moins, on a une petite idée de ce qui nous attend, même si j’ai bien conscience que l’accouchement peut être plein de surprises.

En parallèle, nous poursuivons nos séances d’haptonomie. La dernière avait pour but de nous aider à nous approprier des lieux nouveaux (la maternité par exemple) pour être dans de bonnes conditions pour gérer les douleurs du travail. C’est assez difficile à expliquer mais en gros, l’idée est que, plutôt que de s’enfermer dans sa douleur, se centrer sur soi, il vaut mieux s’ouvrir et s’approprier les lieux et les personnes qui nous entoureront le jour J. De cette façon, on se sécurise, on appréhende mieux les événements et il est plus facile de gérer les vagues de douleur des contractions. Nous avons eu droit chacun à une nouvelle démonstration de Claire avec pincement de l’intérieur de la cuisse à la clé. Je reste bluffée par la différence des sensations entre l’avant et l’après mise en conditions. Avant, la douleur est insupportable et j’ai le réflexe de vouloir retirer ma jambe. Après, je sens que Claire me pince mais la douleur a quasi disparu.

J’espère réussir à me sécuriser de la sorte le jour J de façon à gérer les contractions le plus longtemps possible sans péridurale. Je ne suis pas catégorique dans l’idée d’accoucher sans anesthésie mais j’ai envie de voir jusqu’où je peux tenir. Lorsque j’en parle autours de moi, notamment avec des ami(e)s, j’ai droit aux discours suivants :

  • celles qui ont déjà accouché : tu verras le jour J, tu seras contente de pouvoir appeler l’anesthésiste. Moi, je n’ai pas hésité, ça faisait trop mal.
  • les hommes : si j’étais une femme, je la prendrai sans hésitation. Pourquoi souffrir quand on peut faire autrement ? (un peu chochottes les gars ?)
  • un ami infirmier dont la compagne est infirmière anesthésiste : pour elle, aucune hésitation, il faut prendre la péridurale pour ne pas souffrir, en plus, c’est plus sécurisant en cas de problème. (pourquoi penser aux problèmes systématiquement ?)

Je n’ai pas eu envie de leur expliquer mes raisons, je me suis dit qu’ils ne comprendraient pas.

J’ai besoin de me réconcilier avec mon corps, avec les contractions. Lorsque j’ai dû prendre du Cyt*tec pour ma dernière fausse-couche, les contractions ont commencé environ deux heures après la prise des comprimés. Ces contractions ont été très intenses, très douloureuses et quasi non-stop pendant deux heures et demi. Je me tordais de douleur, je sentais les « débris » de cette grossesse arrêtée s’évacuer, il n’y avait pas de répits. J’ai fini aux urgences car je faisais une hémorragie.

A l’heure actuelle, dans ma tête, contractions = mort. C’est un peu violent mais j’ai l’impression que c’est ce qui m’est resté de cette expérience. J’ai donc besoin de vivre l’accouchement, vivre ses douleurs mais dans un autre état d’esprit. L’issue attendue sera notre petite fille, pleine de vie, ça va sans dire ! J’espère qu’après ça, je pourrai mettre définitivement derrière moi le traumatisme de cette FC.

Maintenant, je suis plutôt douillette et je suis très sensible. J’ai fait des malaises à la pose et au retrait d’un implant contraceptif dans le bras, à la pose d’un stérilet… Du coup, je ne me ferme pas la porte de la péridurale, loin de là. Je veux juste avoir la possibilité de la demander un peu plus tard que d’autres peut-être. Mon homme comprend ma démarche même si je sais qu’il redoute de me voir souffrir.

Je me dis que j’aviserai en fonction de la douleur et de mon état d’esprit le jour de l’accouchement.

Troisième et dernière écho

Lundi avait lieu la troisième et dernière écho officielle. Comme il y avait une stagiaire avec l’échographe, c’est celle qui a duré le plus longtemps. Le problème est qu’à ce stade, bébé n’a plus trop de place et est en boule dans le ventre. Du coup, on distingue moins bien les formes. Sinon, tout va à priori bien pour le petit bout. Après de longues minutes, car bébé ne voulait pas écarter les cuisses, on a eu confirmation que c’est bien une fille (réflexion du futur papa en sortant « C’est bien, qu’elle continue comme ça longtemps 😉 ). Elle est estimée à 1kg800 ce qui est dans la norme. Le seul point notable est que le diamètre bipariétal est en haut de la courbe (> à 95 percentile). Le médecin nous a rassuré tout de suite en nous expliquant que la mesure était faussée car bébé regardait vers le haut donc, elle n’a pas une si grosse tête que ça.

Sachant qu’en début d’examen, le médecin m’avait expliqué que les tissus graisseux bloquent les ultrasons, elle avait donc du mal à voir certains éléments, notamment à l’intérieur du cerveau, j’ai commencé à stresser. Et s’il y avait un problème de développement qu’on ne peut pas déceler à cause de mon surpoids ? Peut-être qu’elle a vraiment un grosse tête à cause d’un soucis ?

Je crois que la nuit de lundi à mardi a été la pire de ma grossesse. Impossible de trouver le sommeil, je cogitais pas mal : j’aurai dû perdre plus de poids avant de retomber enceinte, si quelque chose ne va pas ce sera de ma faute, est-ce que tout va bien pour la petite…
A ça s’ajoutent le retour de fortes remontées acides, des douleurs dans le bas du dos, les réveils nocturnes toutes les 2 ou 3 heures pour faire pipi et les insomnies où je ne me rendors pas avant le petit matin. Bref, petite forme physique et moral en berne le lendemain.

J’ai expliqué tout ça à mon homme hier soir, j’ai sorti toutes mes craintes et pleuré un bon coup. Ça va mieux depuis. Cette nuit a été meilleure, ça aide. Je me rassure un peu aussi en me disant que je n’ai pas trop pris de poids : 7kg900 jusque-là. Le poids, ce vieux démon sera mon cheval de bataille après la naissance.

Pour me concentrer sur le positif, cela fait plusieurs jours que je trie, lave et range des vêtements de bébé prêtés par des amies. J’essaie de me concentrer sur son arrivée, sur le moment où je pourrai enfin la tenir dans mes bras. L’haptonomie m’aide beaucoup aussi. En journée, je me fais des petites séances « câlins » avec bébé. J’adore quand elle vient se blottir dans mes mains, je la caresse, lui dit que je l’aime et que j’ai hâte de la rencontrer. Le soir, lors des séances avec son papa, nous lui chantons des berceuses ou des comptines. Elle réagit beaucoup à la voix de mon homme.

Comme je suis arrêtée depuis le 4ème mois de grossesse, j’ai l’impression d’être très en avance par rapport aux autres futures mamans. Je ne suis qu’au début du 8ème mois, la chambre est déjà prête, la poussette est achetée, les housses du cosi et de la nacelle sont lavées, je commence à préparer les affaires pour la maternité… J’ai un côté de ma personnalité qui a tendance à vouloir tout contrôler, à être prête à toute éventualité mais je pense que j’ai surtout beaucoup de temps à tuer !
Les cours de préparation à l’accouchement ne devraient plus tarder à commencer. J’attends que la sage-femme me rappelle pour me donner le planning.

En attendant, je me suis lancée dans la confection de cœurs en origami. Il faut bien que j’utilise le papier qui me reste ;-). Je pense que je les accrocherai directement sur le mur au dessus du berceau pour faire une espèce d’envolée.

PS : tous mes doigts sont croisés pour vous pour les essais en cours ou à venir